Château de Poncié - Beaujolais Village
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Château du Moulin-à-Vent : Les Vérillats
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Château du Moulin-à-Vent : La Rochelle
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Château du Moulin-à-Vent : La Rochelle
Le nom Beaujolais dérive de la seigneurie de Beaujeu, place forte médiévale dont les sires dominèrent la région dès le Xe siècle et donnèrent leur nom au pays. La vigne y est cependant bien antérieure : les Romains cultivaient déjà le coteau, et l'essor viticole médiéval fut porté par les moines et par la proximité de Lyon, débouché commercial naturel via la Saône. Au XVIIe siècle, l'ouverture du canal de Briare puis l'amélioration des routes désenclavent le vignoble vers Paris. Le Gamay, banni de Bourgogne par l'ordonnance de Philippe le Hardi en 1395 qui le qualifiait de cépage « déloyal », trouve dans les sols granitiques du Beaujolais son terroir d'élection. Les appellations sont reconnues progressivement à partir des années 1930, dans le sillage de la loi de 1935 créant les AOC. Le Beaujolais nouveau, primeur libéré chaque troisième jeudi de novembre, devient à partir des années 1950-1980 un phénomène mondial qui masqua longtemps la diversité des dix crus. Fait peu connu : la région appartient administrativement au Rhône mais son extrémité nord empiète sur la Saône-et-Loire.
Le Beaujolais présente une dualité géologique nette. Le nord, où se concentrent les dix crus, repose sur des sols granitiques et de granodiorite, souvent délités en arène sableuse rose, drainants et pauvres, idéaux pour le Gamay. On y trouve aussi des schistes, des roches volcaniques et, à Morgon, la fameuse « terre pourrie » (roche décomposée riche en oxydes de fer et de manganèse) qui donne des vins puissants et de garde. Le sud, dit Bas-Beaujolais ou « Pierres dorées », s'appuie sur des calcaires à entroques et des argiles du Jurassique, produisant des vins plus souples et fruités. Les parcelles occupent des coteaux exposés à l'est et au sud-est, avec des déclivités marquées favorisant l'ensoleillement et le drainage. L'altitude s'échelonne globalement de deux cents à plus de cinq cents mètres sur les hauteurs. Chaque cru exprime une nuance : Fleurie sur granite rose offre finesse et florale, Moulin-à-Vent sur sols manganésifères gagne en structure, tandis que Saint-Amour combine granite et argile pour un équilibre entre fraîcheur et rondeur. Cette mosaïque explique la diversité stylistique remarquable pour une même variété.
Le Beaujolais est le domaine quasi exclusif du Gamay noir à jus blanc, cépage rouge à pulpe non colorée dont la région est le berceau qualitatif. Il représente l'écrasante majorité de l'encépagement rouge et est obligatoire pour les crus. Le Chardonnay est autorisé pour les vins blancs, produits de manière marginale, et l'Aligoté figure historiquement parmi les cépages accessoires. Le Gamay, issu d'un croisement ancien entre le Pinot noir et le Gouais blanc, est un cépage précoce et productif qu'il faut maîtriser pour atteindre la qualité. La conduite traditionnelle se fait en gobelet, taille courte adaptée aux sols pauvres, bien que le palissage progresse. La vinification emblématique repose sur la macération semi-carbonique de grappes entières non foulées, qui exalte le fruit et souplesse tanniques. Les rendements sont plafonnés plus sévèrement pour les crus que pour les appellations régionales, la logique étant qu'une production maîtrisée concentre la matière. La densité de plantation est élevée sur les meilleurs coteaux, favorisant la concurrence racinaire et l'ancrage profond dans l'arène granitique. Cette combinaison cépage-terroir-vinification fonde l'identité aromatique du Beaujolais.
Le Beaujolais bénéficie d'un climat de transition, à la fois continental, océanique et sous influence méridionale remontant par le couloir rhodanien. Les étés sont chauds et ensoleillés, les hivers modérés, avec des précipitations réparties sur l'année et une pluviométrie plus soutenue sur les reliefs de l'ouest. Les principaux risques sont la grêle estivale, ponctuellement dévastatrice sur certains crus, et le gel printanier tardif. Parmi les millésimes récents de référence : 2015 solaire, riche et structuré ; 2018 généreux et mûr ; 2019 concentré et équilibré ; 2020 précoce et solaire ; 2022 marqué par la chaleur mais préservant une belle fraîcheur sur granite. Le réchauffement climatique avance les vendanges de plusieurs semaines par rapport aux décennies passées et rehausse le degré alcoolique, ce qui a paradoxalement servi le Beaujolais en gommant les millésimes verts d'autrefois. Les vignerons adaptent dates de récolte et travail parcellaire pour conserver l'acidité et l'éclat du fruit qui font la signature de l'appellation. Les sols granitiques drainants aident la vigne à résister aux épisodes de sécheresse tout en restituant fraîcheur aux vins.
Contrairement à sa réputation de vin à boire jeune, le Beaujolais de cru se distingue par une réelle aptitude au vieillissement. Le Beaujolais nouveau et les appellations régionales se consomment dans l'année ou les deux ans. Les Beaujolais-Villages tiennent trois à cinq ans. Les grands crus comme Morgon et Moulin-à-Vent peuvent évoluer favorablement dix à quinze ans, voire davantage sur les grands millésimes. L'évolution aromatique suit trois phases : en jeunesse, fruits rouges croquants, banane et fleurs issus de la macération carbonique ; à maturité, apparition de notes de kirsch, d'épices et de sous-bois ; à l'apogée, un profil dit « pinotant » proche du grand Pinot noir bourguignon, avec truffe, cuir et fruits confits. La conservation optimale requiert une cave fraîche, sombre, humide et sans vibrations, autour de douze degrés. Le signal d'apogée se lit à la robe qui tuile légèrement et au bouquet tertiaire épanoui. Morgon, notamment sur le lieu-dit Côte du Py, est souvent cité comme le cru le plus apte à « morgonner », c'est-à-dire à gagner en profondeur bourguignonne, rivalisant en garde avec certains villages de la Côte de Beaune.
Premier fait : le Beaujolais nouveau, mis en marché le troisième jeudi de novembre, s'exporte dans des dizaines de pays et connaît un engouement spectaculaire au Japon, où son arrivée est célébrée comme un événement quasi rituel, décalage horaire aidant à en faire l'un des premiers marchés mondiaux à le déguster. Deuxième fait : le Gamay fut officiellement interdit en Bourgogne par un édit ducal de 1395 qui le taxait de « très mauvais et très déloyal », le condamnant à migrer vers les sols granitiques du Beaujolais où il révéla tout son potentiel — une proscription qui fonda paradoxalement l'identité régionale. Troisième fait : le terme « morgonner » est entré dans le vocabulaire œnologique pour désigner l'aptitude particulière des vins de Morgon à évoluer vers des arômes de cerise à l'eau-de-vie et de sous-bois rappelant le Pinot noir vieilli, phénomène lié aux sols de roche décomposée riche en fer. Enfin, la région constitue l'une des rares où la vinification en macération semi-carbonique de grappes entières demeure une signature identitaire assumée plutôt qu'une simple option technique.
Le Beaujolais est un vignoble français situé entre Mâcon et Lyon, produisant principalement des vins rouges issus du cépage Gamay. Il regroupe des appellations régionales, les Beaujolais-Villages et dix crus prestigieux comme Morgon, Fleurie, Saint-Amour et Moulin-à-Vent, exprimant la diversité de ses sols granitiques.
Un Beaujolais se reconnaît à sa robe rubis lumineuse et à son nez fruité de cerise, framboise et fraise, parfois relevé de notes florales ou de banane issues de la macération carbonique. En bouche, il offre un fruit croquant, une tannicité souple et une fraîcheur gourmande, plus structuré sur les crus.
Servez un Beaujolais avec la charcuterie lyonnaise, la volaille, un poulet rôti ou des grillades. Les régionaux, servis frais autour de treize degrés, accompagnent l'apéritif et les planches. Les crus comme Morgon ou Moulin-à-Vent, plus charpentés, subliment gibiers à plume, magret de canard et fromages affinés.
Pour découvrir, choisissez un Beaujolais-Villages autour de dix à quinze euros. Pour un vin de garde et de terroir, privilégiez un cru signé Poncié, Jean-Marc Burgaud, Château du Moulin-à-Vent, Georges Descombes ou Sébastien Besson, généralement entre quinze et trente-cinq euros selon la parcelle et le millésime.
Morgon, sur sols de roche décomposée riche en fer, donne des vins puissants, structurés et aptes à une longue garde, capables de « morgonner » vers des arômes de kirsch. Fleurie, sur granite rose, produit des vins plus fins, floraux et soyeux, réputés pour leur élégance et leur bouquet délicat.