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Cépages : des trésors à redécouvrir

Marina Tessier
25 juillet 2023
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Découvrez un fait étonnant : la France compte plus de 200 cépages cultivés, mais seulement une poignée d’entre eux représentent une grande partie de la production viticole nationale. Aujourd’hui, nous vous invitons à explorer ces cépages anciens et oubliés, peut-être méconnus pour vous. Ils offrent l’opportunité de partir à la découverte de nouvelles régions et de savourer des saveurs inédites.

Les cépages oubliés : des variétés méconnues

Découvrez les cépages oubliés qui apportent une touche d’originalité aux assemblages champenois ! Outre les incontournables Pinot noir, Pinot meunier et Chardonnay, deux cépages méconnus jouent un rôle essentiel. 

  • L’Arbane, bien qu’exigeant, apporte finesse et délicatesse à l’ensemble, tandis que le Petit Meslier dévoile des arômes fumés et d’agrumes uniques. Ces cépages sont souvent utilisés dans les Champagne Blanc de Blancs, offrant une alternative au 100% Chardonnay habituel.

En Alsace, découvrez l’Auxerrois, un cépage blanc souvent associé au Pinot blanc, qui offre des vins légèrement aromatiques avec des notes de coing et de fruits exotiques. Bien qu’il ne soit pas aussi répandu que les cépages nobles tels que le Riesling ou le Gewurztraminer, certains vignerons se démarquent en créant des vins exclusivement à partir d’Auxerrois.

Dans la Vallée de la Loire, plongez dans l’histoire viticole avec le Pineau d’Aunis, anciennement appelé chenin noir, qui produit des vins légers en rouge et en rosé avec des arômes de framboise et de poivre caractéristiques. Ne manquez pas le Romorantin, un cépage intriguant introduit en 1519 par François Ier dans le vignoble de la région. Il donne des vins aux nuances d’agrumes, de fleurs blanches et de miel, et est désormais utilisé à 100% dans l’appellation Cour-Cheverny. Explorez ces cépages oubliés et ajoutez une touche d’histoire à vos dégustations de vins !

La Provence possède également son propre cépage typique, le tibouren. Introduit par les Romains, ce cépage reste rare, utilisé principalement dans quelques cuvées de rouge et surtout de rosé. Environ 300 hectares de tibouren subsistent principalement dans le Var, à proximité du littoral méditerranéen. Il est autorisé dans les appellations Côtes de Provence, Palette et Coteaux Varois en Provence. Les vins produits à partir de tibouren sont réputés pour leur couleur délicate et leur finesse. 

La redécouverte des cépages oubliés

Le monde viticole est témoin d’un remarquable retour en force des cépages oubliés ou modestes, grâce à l’engagement passionné de vignerons déterminés. Cette redécouverte est d’autant plus précieuse, car elle permet de renouer avec des variétés qui avaient été négligées en raison de l’essor de l’agriculture intensive. Mais qui sont ces cépages oubliés qui connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt ?

Avant de vous présenter quelques-unes de ces merveilleuses trouvailles qui gagnent en popularité, il est intéressant de remonter le temps pour comprendre leurs origines et la raison de leur disparition…

La survenue de la crise du phylloxéra, causée par un nématode provenant des États-Unis, a eu des conséquences catastrophiques sur le vignoble français entre 1860 et 1900. Cette période fut marquée par une crise sans précédent, entraînant la destruction totale de 70% de la surface viticole plantée en France. Cette situation a eu un impact non seulement sur l’aspect agricole, mais aussi sur le tissu social de l’époque.

Face à cette catastrophe, seuls les vignobles considérés comme les plus qualitatifs ont été replantés, accentuant ainsi la sélection des cépages les plus prometteurs. En parallèle, les fermes qui pratiquaient auparavant la polyculture ont préféré remplacer les vignes par d’autres cultures vivrières pour pallier cette dévastation.

Heureusement, certaines variétés de cépages ont pu échapper à l’oubli, grâce à l’engagement de vignerons qui ont préservé des parcelles de ces cépages modestes. De plus, la collection Vassal à Montpellier a joué un rôle essentiel dans la préservation de ces variétés. Cette collection exceptionnelle est unique au monde et abrite près de 4000 variétés de cépages provenant du monde entier, tous plantés en franc de pieds sur un banc de sable entre l’étang de Thau et la Méditerranée. Cet endroit fonctionne comme un véritable conservatoire, permettant aux vignerons de venir récupérer des bois sur demande afin de renouer avec ces cépages modestes

Parmi ces cépages conservés, certains sont présents sur de petites surfaces, généralement autour de 200 à 300 hectares, tels que le Terret gris, le Terret bourru, le Carignan blanc, le Picpoul noir, le mauzac, le pineau d’Aunis, et d’autres ne sont même présents que chez un seul vigneron, comme le Sauvignon rose ou le Verdanel.

Le dérèglement climatique : une cause de ces disparitions

Tout d’abord, il est crucial de noter que le réchauffement climatique entraîne une augmentation des degrés alcooliques dans les vins. En parallèle, les vignes traditionnelles peinent à s’adapter aux conditions climatiques actuelles, souffrant particulièrement de la chaleur. Cette situation a un effet direct sur la qualité du vin, car les températures élevées accélèrent la maturité des raisins, augmentant ainsi leur teneur en sucre et diminuant leur acidité.

Pour faire face à ces défis, les vignerons doivent adopter des stratégies adaptées, telles que le retour en grâce des cépages anciens, longtemps négligés en raison de leur faible taux d’alcool ou de leur maturation lente. En effet, ces cépages anciens ont la capacité de mieux s’adapter aux changements climatiques en résistant aux fortes chaleurs et aux froids extrêmes. Leur maturité plus tardive limite l’impact des températures élevées sur leur développement, tandis que leur potentiel acide élevé et leur faible teneur en sucre préservent la finesse et l’élégance du vin, évitant ainsi la production de vins trop lourds ou sucrés.

Vignes asséchées

En outre, cette tendance de retrouver et valoriser les cépages anciens est souvent associée à une démarche agricole biologique ou biodynamique, reflétant la volonté des vignerons de revenir aux sources, au terroir et à la nature. Cela peut être comparé au retour en grâce des vieux légumes dans l’agriculture moderne.
Certains cahiers des charges d’appellations ont également adopté cette approche en mettant en avant le retour aux cépages anciens. L’Institut National de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) a réalisé une étude portant sur 52 cépages anciens du sud de la France et de l’ouest de l’Europe. Depuis 2018, des expérimentations ont été menées à Bordeaux, où des cépages non autorisés dans les cahiers des charges actuels ont été testés pour leur meilleure adaptation au changement climatique. Ces initiatives visent à préserver la typicité des vins de Bordeaux tout en atténuant les effets potentiellement dévastateurs du réchauffement climatique sur la viticulture française.

Nul doute que ces pépites viticoles insuffleront une nouvelle vie dans votre palais et vous feront voyager à travers le temps et les saveurs.

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