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Vin Bio : La réponse à toutes vos questions

 

Si vous avez aimé notre précédent article  “vin Bio, en Biodynamie et Nature : le guide ultime”,  alors nul doute que vous apprécierez celui-ci que nous avons intitulé :  “Le vin Bio, où en est-on ?” .

 

L’idée est de répondre aux questions que nous nous posons tous concernant ce marché en plein essor, en voici quelques-unes : Quelle est la dynamique du marché bio ? Cette tendance traduit-elle les nouvelles exigences des consommateurs et producteurs ? Quel est le rôle de la biodiversité dans la vigne ? Doit-on opposer culture bio et culture conventionnelle ?  Depuis quand le bio existe ? Les vins bio sont-ils meilleurs ? Comment convertir un vignoble en bio ? Les vins bio contiennent-ils des sulfites ?


Evidemment si vous avez d’autres questions, posez-les nous et on vous répondra en commentaire 😉

 

Le vin Bio : Un marché en plein essor

 

L’industrie du bio est en plein essor comme l’atteste une dernière étude commandée par le Ministère de l’Agriculture allemande. Ainsi, près d’un quart des moins des 30 ans en Allemagne achètent régulièrement des biens provenant d’agriculture dite biologique. Ce changement de consommation n’est pas propre à l’Allemagne. En effet, selon Agencebio les Français deviennent de plus en plus Conso’acteur et privilégient des produits issus de l’Agriculture Biologique. Près de 71% des Français déclarent consommer des produits bio au moins une fois par mois et 14% tous les jours. De plus en plus de consommateurs achètent des vins biologiques. Aujourd’hui, la superficie du vignoble biologique dans l’Union Européenne est deux fois plus grande qu’il y a 10 ans. La demande de vin biologique devrait bientôt dépasser l’offre. Malgré tout, peut-on parler d’une véritable révolution ? Pas certain car la viticulture conventionnelle domine toujours et encore.

 

Vigneron.ne bio : tous amoureux de leur terre

 

Si vous avez eu la chance de parcourir un vignoble français, vous remarquerez probablement que fleurissent toutes sortes de fleurs dans les rangs entre les vignes. C’est plutôt bon signe. Car cela signifie qu’un nombre croissant de vigneronnes et vignerons abandonnent les intrants chimiques contre «les mauvaises herbes». Et ce ne sont pas seulement les producteurs bio qui suivent ce mouvement. En effet, de nombreux vignerons dits conventionnels (donc non bio) ont également compris l’avantage d’un vignoble plus sain ou l’amélioration de la biodiversité permettent un enrichissement des sols et donc in fine du raisin.

 

Vers une viticulture plus durable ?

 

Le développement du Commensalisme et de la Mycorhization.

Si le premier peut se définir comme une interaction entre deux ou plusieurs organismes différents dans laquelle l’association est avantageuse pour l’un d’eux sans affecter le(s) autre(s), l’autre est un champignon qui entre en symbiose avec la vigne. C’est-à-dire qu’il s’associe avec celle-ci et chacun des deux organismes en tirent un avantage.

 

Les avantages du Commensalisme et de la Mycorhization permettent de :

  • Stimuler le développement racinaire et la croissance
  • Augmenter la zone d’exploration du sol et le volume racinaire
  • Améliorer l’assimilation des éléments du sol et de l’eau, ce qui se traduit par une augmentation des calibres
  • Permet d’assimiler du phosphore organique
  • Optimiser l’assimilation des éléments fertilisants
  • Favoriser la résistance à de nombreux stress (hydriques, thermiques, salins, etc.)
  • Sécuriser et optimiser la levée des plants, permettant une homogénéité des plantations, gage d’une future production de qualité.

 

Ainsi, tout le monde dans l’industrie du vin parle aujourd’hui de l’environnement et de l’importance de travailler durablement. C’est une problématique qui préoccupe tous les vignerons. Ils font face à de plus en plus de restrictions. Le quand, où et comment ils peuvent pulvériser sur leurs vignes est de plus en plus réglementé. Les pesticides synthétiques considérés comme dangereux sont progressivement éliminés à un rythme de plus en plus rapide (et ça, j’achète !).

L’Union Européenne a récemment fixé divers objectifs environnementaux pour son agriculture. L’un de ses objectifs est qu’au moins 25% de la superficie agricole totale de la Communauté soit bio dans dix ans, c’est-à-dire en 2030. Cela semble assez ambitieux puisque le chiffre n’est que de 7,5% aujourd’hui. Pour les vignobles, cependant, le chiffre est légèrement plus élevé. Environ 12% de la superficie totale du vignoble de l’UE est biologique. Ce n’est pas énorme mais cultiver bio n’est pas la solution pour tous les producteurs.

 

Viticulture bio, où en est la France ?

 

La France est dans la moyenne européenne concernant la part de Vignoble biologique : En France « La viticulture bio poursuit son essor. En 2018, le nombre d’hectares engagés (certifiés + conversion) a atteint 94 020 ha, soit une croissance de 20 % par rapport à 2017. Désormais 12 % du vignoble national est bio.

 

Parole de vigneron

 

Marc Imbert – Domaine de Torraccia :

Vin Bio - Marc Imbert - domaine de Torraccia - D'or et de vins

« Au domaine, la nature est au cœur de toutes les considérations. Mon père a créé ce vignoble en 1964 avec une vision à long terme, en accord avec la préservation de notre terroir, entre mer et montagnes corses. Nos terres n’ont jamais connu de produits chimiques. Nos vins sont exclusivement issus de l’agriculture biologique. Faire du vin demande de la patience et une bonne dose d’observation. Il faut être à l’écoute, faire les choses avec un esprit large et généreux, tel un artiste devant sa toile. »

Roselyne Gavoty – Domaine Gavoty :

Vin bio - Roselyne Gavoty - Domaine Gavoty - D'or et de vins

« Je pense que l’accès à plus d’identité se fera de plus en plus sentir en cumulant tous ces éléments qui nous permettent de laisser parler le végétal et s’exprimer dans sa particularité liée essentiellement au terroir. Je veux que nous tendions à nous effacer au profit du fruit du végétal »

 

Joseph Landron – Domaine Landron :

Vin Bio - Joseph Landron - domaine Landron - D'or et de vins

« Pour moi le Muscadet doit être l’expression fidèle de son terroir traduit par sa signature minérale. La richesse et l’originalité de notre vignoble résident dans sa diversité géologique et microclimatique. Seul le travail du sol et le respect de la vigne par une culture biologique permettent d’en exprimer la pleine personnalité. »

Famille Schmitt – Domaine Roland Schmitt  :

Vin bio - Famille Schmitt - Domaine Roland Schmitt - doretdevins

“ L’esprit du domaine : C‘est respecter l’héritage de nos aînés tout d’abord, qui ont su nous transmettre leur savoir inaliénable car ils étaient conscients du cycle des saisons, de ses possibles aléas et attentifs à la biodiversité. C’est également rechercher les nouvelles méthodes qui permettent d’aller encore plus loin dans le soin de la vigne, les vinifications et le respect de l’environnement. Conscients de tout cela, nous sommes certifiés en agriculture biologique depuis plus de 10 ans et nous sommes en conversion vers l’agriculture biodynamique”

 

Parole de notre Maître-Sommelier Jean-luc Jamrozik :

« Les vins bio et biodynamiques se sont taillés une part importante du marché. Je suis évidemment favorable au respect du terroir et au fait que le vigneron réduise au maximum son empreinte carbone, notamment en substituant les produits issus de la chimie par des produits à base de plantes qui permettent de dynamiser et de renforcer la vigne. Les clients sont de plus en plus avertis sur ces thèmes, il est donc normal que le sommelier le soit aussi et qu’il propose à sa carte des vins bio et biodynamiques. En revanche, il n’y a pas nécessairement une corrélation entre bio et qualité, on peut boire du vin bio de mauvaise qualité. »

La petite Histoire du vin Bio :

 

L’histoire de la viticulture en agriculture biologique a commencé entre les deux guerres mondiales. En effet, plusieurs mouvements ont émergé de cette période, à savoir :

 

Le mouvement biodynamique est né en Allemagne en 1927 et est devenu le premier à développer une marque Demeter certifiant l’origine de ses produits. Il possède une large compréhension de la nature et de la vie humaines. La deuxième source est l’agriculture biologique créée en Grande-Bretagne dans les années 40 et qui favorise le compostage et le retour à une agriculture indépendante.

En France, l’Agriculture Biologique s’est développée dans les années 60 sous l’impulsion de sociétés comme Lemaire-Boucher et Nature et Progrès. A partir des années 80, de nombreux agriculteurs bio se distancient des premières théories, et les références philosophiques sont moins fréquentes. La renaissance du mouvement de l’agriculture biologique a été marquée par la création de différentes organisations (IFOAM 1972, FNAB 1978 GRAB 1979). L’agriculture biologique a été officiellement reconnue en France en 1981 et en Europe en 1991. Au niveau européen, la réforme de la PAC de 1992 a fait des aides à la conversion de l’agriculture biologique un moteur puissant de transition vers le bio pour de nombreux producteurs. (Comme quoi, quand il y a soutien politique la transformation se fait plus rapidement).

Conversion bio et cahier des charges :

 

La conversion vers la viticulture biologique prend du temps : environ 36 mois et nécessite souvent des investissements afin de modifier le système de production. Durant ces trois ans, la viticultrice ou le viticulteur doivent respecter scrupuleusement les normes et règlements européens.

« Le (CE) n°834/2007 précise l’ensemble des règles à suivre concernant la production, la transformation, la distribution, l’importation, le contrôle et l’étiquetage des produits biologiques. Il est complété par des règlements d’application, notamment le règlement (CE) n°889/2008. »

 

Les Vigneronne ou Vignerons doivent-ils attendre 3 ans pour mentionner le Label AB (Agriculture Biologique) sur leurs bouteilles ?

 

Et bien OUI, il y a une durée incompressible avant de pouvoir apposer le logo bio sur les bouteilles. Néanmoins, dès la 2ème année de conversion la viticultrice ou le viticulteur peuvent faire référence à cette conversion en indiquant sur la bouteille la mention « Produit en conversion vers l’Agriculture Biologique ». En revanche, ils n’ont pas la possibilité d’y ajouter le logo bio.

 

Petit tableau récapitulatif – vin Bio :

tableau-comparatif-bio-doretdevins

Est-il possible de convertir une partie de son vignoble et non l’intégralité ?

Oui cela est possible, ne soyez donc pas surpris de voir chez certain.e.s vigneronnes et vignerons des cuvées qui sont commercialisées avec la mention AB et d’autre pas. En revanche, il est obligatoire que les parcelles bios et non bios soient distinctes et clairement identifiables, c’est-à-dire qu’elles doivent concerner des cultures différentes et/ou des cépages différents.

 

Raisin bio = Vin Bio ?

C’est la culture de la vigne qui est menée selon les règles de l’Agriculture Biologique et non la vinification. En revanche, le sulfite utilisé comme conservateur doit-être inférieur à 10 PPM.

Un vin biologique est fabriqué à partir de raisins cultivés selon les règles de l’Agriculture Biologique, ce qui signifie généralement qu’ils n’utilisent pas ou peu d’engrais artificiels ou chimiques, d’herbicides, de pesticides ou de fongicides.

 

Cela a également à voir avec l’ajout de conservateurs dans le vin lui-même. Les seuls conservateurs efficaces qui permettent au vin de durer plus longtemps sont «non biologiques». Le conservateur le plus utilisé est le dioxyde de soufre (sulfite). La réglementation de cela varie selon les pays. Par exemple, les vins fabriqués dans l’Union Européenne permettent l’ajout de sulfites comme conservateur, mais à des niveaux inférieurs à ceux du vin conventionnel.

 

Qu’est-ce que le Sulfite, est-il dangereux ? 

 

Les sulfites sont des agents de conservation qui sont mélangés par les fabricants au vin pour éviter que le vin ne se détériore. Ils contribuent au maintien des saveurs du vin, en plus de ralentir la détérioration

 

Sulfite est-il dangereux ? 

 

Vous avez peut-être entendu dire que les sulfites des vins peuvent vous causer des maux de tête. Mais il n’y a pas de vérité scientifique sur la question. En effet, nous ne savons pas si les maux de tête liés aux vins sont dus aux sulfites ou à d’autres composés. En revanche, les sulfites peuvent engendrer une myriade d’effets cliniques indésirables chez les personnes sensibles.  Les sulfites ne sont donc mauvais que pour les personnes qui ont une sensibilité connue ou lorsque nous dépassons la quantité maximale recommandée (qui est de 45 milligrammes par jour pour une personne de 65kg).

 

L’article touche à sa fin, si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous les poser en commentaire, nos experts y répondront

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